Filip Rylant, porte-parole de la fédération de la mobilité TRAXIO : « Avec 181.953 immatriculations sur les trois premiers mois de 2026, le marché d’occasion se porte un peu moins bien (-2,3%) que l’an dernier et qu’en 2024 tout en conservant une solide avance sur 2023 (+7,1%). Le recul s’est surtout fait ressentir en janvier (-7,0%). Février a fait un peu mieux (-1,7%) et mars enfin a réalisé un meilleur score (+2,0%) qu’en l’an passé, mais attention car en 2026 mars compte un jour ouvrable de plus qu’en 2025, ce qui explique en partie ce résultat. Nous constatons par ailleurs la hausse mois après mois des immatriculations d’occasion, en partie parce qu’il se libère davantage de véhicules pour ce marché. Le Brussels Motor Show y est pour quelque chose car de nombreux consommateurs y ont passé commande d’un véhicule neuf dont ils prennent progressivement livraison. Ce qui n’explique pas seulement la croissance du nombre de voitures neuves en mars mais aussi des immatriculations d’occasion de mars. Sur le marché du neuf, les particuliers assurent la moitié des immatriculations et au moment de la livraison de leur voiture neuve ils disposent généralement d’un véhicule destiné à la revente : un afflux et une offre supplémentaires sur le marché de seconde main donc. Nous constatons par ailleurs que le salon de l’auto produit un effet favorable sur la vente automobile, qu’elle soit neuve ou d’occasion.
En outre le marché d’occasion reste l’affaire des particuliers car leur part dans les immatriculations de voiture de deuxième main s’élève à 90,7%. L’addition des statistiques des voitures neuves et d’occasion révèle que le particulier représente 72,2% des immatriculations.
Le moteur à essence domine toujours le marché d’occasion (56%) et devance le diesel (22,7%) et le moteur hybride (15,3%).
Les entreprises quant à elles sont pratiquement absentes du marché d’occasion, sauf de celui des voitures électriques. La part de marché des BEV représente désormais 5,5% dont un peu plus de la moitié (55%) est immatriculée par des entreprises et des sociétés de leasing/renting. Cette hausse ne suffit certes pas à compenser le nombre de VE se libérant des contrats de leasing.
Dans le même temps, l’âge moyen du parc automobile belge continue de croître et atteint désormais environ dix ans.
La marque d’occasion la plus vendue cette année est Volkswagen, suivie de BMW, Mercedes, Peugeot et Opel.
Parmi les modèles les plus populaires la VW Golf (7.011) occupe la tête du classement, devançant la VW Polo (5.385), l’Opel Corsa (4.598), la BMW série 3 (3.881) et la BMW série 1 (3.549).
« Au cours du premier trimestre de 2026, les voitures neuves ont dû lâcher la pédale des gaz. Il s’est immatriculé un total de 113.805 de voitures neuves, soit -5,9% de moins que l’an dernier. Le mois de mars s’est toutefois caractérisé par une embellie de +8,8%, le signe de l’intensification de la livraison des voitures commandées au salon de l’auto.
Mais la question-clé demeure : quel sera l’impact de la crise au Moyen-Orient sur la vente automobile en Belgique… ? »
Évolution immatriculations d’occasion YTD (Q1 2026)
Quelques concessionnaires et vendeurs de voitures d’occasion de premier plan nous ont fait part de leurs points de vue intéressants.
Frédéric Vassamillet (SOCO) : « Nos résultats commerciaux restent influencés positivement par l’intérêt du public pour le Salon et les multiples publicités des constructeurs dans les médias nationaux. Et ce malgré les mauvaises conditions climatiques du début du mois de janvier et la révision du nouveau calendrier scolaire en Communauté française qui comptait deux semaines de congé sur quatre. Pour le moment, il nous est difficile d’estimer l’impact des crises géopolitiques sur les tendances futures.
Sans surprise, la motorisation essence reste aujourd’hui en tête des ventes. L’hybride progresse lentement dans les choix des consommateurs. La consommation et le prix du carburant influencent clairement les décisions d’achat. Il est donc essentiel d’adapter en permanence l’offre pour répondre à cette évolution de la demande.
Le rapport qualité-prix reste l’élément central dans la décision d’achat. Pour les acteurs du secteur, il est indispensable de maintenir un haut niveau de service et de placer le client au centre des priorités. L’accompagnement et le conseil prennent une importance croissante. On observe également un intérêt pour les formules de financement de type crédit ballon. Ce type de solution permet au client de payer principalement pour l’usage du véhicule plutôt que pour sa propriété, tout en réduisant le montant des mensualités. »
Marc Van den Kerkhof (Van Mossel) : « Le salon a insufflé une dynamique de vente positive dans les concessions et jette un éclairage favorable en matière d’innovation, de sécurité, d’environnement/électrification et de services connexes tels qu’assurances et financements. Janvier en particulier s’est révélé un mois très satisfaisant caractérisé par une forte fréquentation du showroom et le passage de commandes. L’effet salon s’est toutefois rapidement estompé en février.
Les clients particuliers restent très sensibles au prix ; d’où le succès des marques ayant mené de bonnes campagnes de promotions, en particulier lorsqu’elles s’assortissaient de propositions de financement alléchantes.
Le particulier prend son temps et envisage souvent l’achat d’une voiture d’occasion étant donné le poids toujours plus lourd d’un investissement dans un véhicule neuf mais aussi parce que le choix se complexifie : davantage de marques, de formes de financement, de motorisations, de valeurs résiduelles estimées… Les clients de flotte aussi prennent le temps de se décider, en raison de la complexité accrue. C’est pourquoi il est important de proposer une assistance la mise en œuvre d’une car-policy, d’un financement et de la gestion de leur flotte. Auxquels s’ajoutent désormais des questions relatives au budget mobilité.
Les voitures hybrides sont très populaires auprès des particuliers grâce à leur taxe de mise en circulation favorable, leur faible consommation et leur boîte de vitesses automatique. En règle générale, les VE demeurent trop onéreux mais les clients dotés de panneaux solaires et sensibles à l’environnement manifestent un intérêt croissant. Les utilitaires légers électriques suscitent également de l’intérêt mais la demande reste limitée à cause de la fiscalité élevée et du coût d’utilisation. Les camionnettes hybrides rechargeables gagnent en popularité car, dans certains cas, elles génèrent des avantages fiscaux.
Les voitures d’occasion quant à elles peuvent compter sur un intérêt croissant. La professionnalisation du négoce d’occasion est positive car elle réduit le seuil pour les clients. Van Mossel mise beaucoup sur la vente d’occasion et propose une offre vaste et qualitative dans toutes ses concessions. »
Matthias Gommeren, Cardoen : « Le Salon de l’Auto est générateur d’un élan important : pour de nombreux nouveaux clients c’est le moment de franchir le pas tandis que les clients existants attendent parfois une ristourne supplémentaire. Plus de la moitié des ventes de janvier se concentrent au cours des deux premières semaines du Salon de l’Auto. Les promotions à l’occasion du salon génèrent clairement un trafic supplémentaire et la clientèle est plus prompte à prendre une décision. Environ 70 % se décident relativement vite tandis que 30 % prennent leur temps. Nous constatons par ailleurs que les clients comparent plus souvent et ont pris leur décision d’acheter en toute conscience, ce qui entraîne un comportement de report de la décision en légère hausse.
Quant à la clientèle d’affaires, la demande de voitures hybrides et électriques reste élevée, principalement pour des motifs fiscaux. L’intérêt des clients particuliers augmente dans une mesure limitée (environ 20 %), avec une nette préférence pour le full hybride. Les hybrides rechargeables gagnent un peu en popularité alors que l’intérêt pour les voitures 100 % électriques demeure restreint. En outre, nous observons que beaucoup de clients méconnaissent la différence entre mild, full et plug-in hybrides.
Le SUV demeure extrêmement populaire, y compris dans le segment d’occasion. Les clients ont des attentes plus élevées en matière d’équipement standard (intégration du smartphone, caméras, systèmes d’aide à la conduite) et exigent de la transparence en matière de prix, de promotions et de délais de livraison. Nous constatons que la croissance du marché d’occasion se poursuit. Autre tendance significative, la hausse du nombre de passages à l’atelier au cours du premier trimestre. »
Joëlle Peeters (Leo Peeters) : « Nous sommes satisfaits du passage en showroom pendant et après le salon de l’auto. Parallèlement nous avons remarqué que les consommateurs mettaient plus de temps à se décider en raison de l’insécurité économique, de la hausse des coûts et de la rapidité des évolutions technologiques. Ils gardent généralement leur voiture actuelle plus longtemps et y font effectuer un entretien ou une réparation supplémentaire, ce qui assure un surcroît d’activité à l’atelier. Pourtant nous constatons que l’attractivité des actions salon et les voitures de stock incitent le client à hâter sa décision. La demande de véhicules électriques augmente surtout chez les clients d’affaires grâce aux avantages fiscaux. Le particulier se montre davantage intéressé par les voitures hybrides et électriques mais reste dans l’expectative en raison du prix, de l’autonomie et de l’infrastructure de recharge. Il accorde certes toujours plus d’importance à la durabilité, la consommation et les frais d’utilisation totaux. Ainsi qu’aux fonctions numériques telles que la connectivité, les systèmes d’aide à la conduite et les mises à jour logicielles.
Le printemps est traditionnellement une période chargée à l’atelier. Les clients passent pour un entretien, la permutation des pneus ou une réparation de sorte que le planning est bien rempli. »
Ward Van Sighem (Auto’s Verschueren) : « Le salon a produit un impact favorable sur la vente et la rotation du stock s’est avérée plus élevée que d’habitude. Au cours des premiers mois de l’année, le chiffre d’affaires a fortement augmenté comparé à l’an passé et les résultats des ventes se révèlent également beaucoup plus élevés. Mais les ventes ont chuté de 25% pratiquement immédiatement après le début de la guerre au Moyen-Orient et nous ne nous attendons pas à une quelconque amélioration à court terme. Alors qu’en janvier et février les clients se décidaient plus vite que d’habitude, nous présumons que le processus décisionnel sera plus long à cause de l’insécurité accrue.
Le particulier continue de montrer un intérêt restreint pour les voitures hybrides et électriques. En revanche, les entreprises sont nombreuses à opter pour des véhicules électriques d’occasion, en raison du faible TCO.
Il est frappant que nous vendions davantage aux entreprises et que les particuliers se tournent vers des voitures moins récentes et au kilométrage plus élevé. »
Détails voitures de tourisme d’occasion
Pendant le premier trimestre de 2026 les marques de voitures d’occasion les plus vendues sont Volkswagen et BMW. Le top 5 est complété par Mercedes, Peugeot et Opel.
Parmi les modèles les plus populaires, rien n’a plus changé vis-à-vis de 2025. Ainsi la VW Golf (7 011) arrivait en tête, devant la VW Polo (5 385), l’Opel Corsa (4 598), la BMW série 3 (3 881) et la BMW série 1 (3 549).
De même, la part des véhicules d’occasion au diesel poursuit son déclin à 22,7% tandis que la part des moteurs à essence augmente à 56 %. La part des autres carburants croît légèrement sur le marché d’occasion a dépassé la limite magique de 20 % avec notamment 21,3%. Tendance due principalement à la part croissante des véhicules hybrides (c-à-d. tout type de voiture électrifiée à moteur thermique et assistance électrique, tant hybride ordinaire que rechargeable ainsi que les mild hybrids), qui représentent désormais 15,3 % (plébiscités tant par les particuliers que les entreprises - selon toute attente, la part des PHEV devrait diminuer à l’avenir), tandis que 5,5 % de modèles 100 % électriques ont été immatriculés sur le marché de l’occasion.
La percée des véhicules hybrides et électriques étant assez récente sur le marché du neuf, leur part sur le marché de l’occasion demeure modeste. Elle devrait toutefois croître de mois en mois, puisque leur nombre augmente progressivement sur le marché total.
En 2025, l’âge médian des véhicules d’occasion est passé à 7 ans et 10 mois. De prime abord, l’âge médian des immatriculations d’occasion ne fait pas ressortir le vieillissement prononcé du parc automobile, un phénomène néfaste à son verdissement et à la réduction des émissions.
Le marché d’occasion est principalement le domaine des particuliers. Pas moins de 90,7 % des immatriculations sont le fait de personnes privées, tandis que la part des voitures de société d’occasion a perdu légèrement et se trouve maintenant à un peu moins de 10 %. Les vendeurs d’occasions précisent à cet égard que les entreprises débutantes optent plus volontiers pour une voiture de seconde main, et qu’elles montrent souvent de l’intérêt pour les hybrides d’occasion.
Comme à son habitude, la Flandre mène la danse en matière d’immatriculations de voitures de tourisme d’occasion avec une part de 55,3 %. La Wallonie est à respectivement 36,2 % et 8,4 %.